Plateforme musicale

Réalisation de la plateforme Vincent De Bast et Lorent Wanson avec la collaboration de Simon Vanneste.

LE POUVOIR REND FOU (Loués soient nos Seigneurs, d'après Régis Debray)

Loués soient…, un projet d'oratorio très librement inspiré du roman Loués soient nos Seigneurs de Régis Debray. Adaptation de Lorent Wanson, composition et arrangements musicaux de Fabian Fiorini. Le morceau Le Pouvoir rend fou a été enregistré au Théâtre Poème 2 et interprété par Fabian Fiorini (piano), Laurent Blondiau (trompette), Alain Pierre (percussions), Nicholas Thys (contrebasse), Alain Eloy, Delphine Gardin et Mathilde Étienne (chant), Janine Godinas et Lorent Wanson (narration). Prise de son de Vincent Debast. Une version concert a été proposée à Arsonic (Mons) par Fabian Fiorini, Janine Godinas et Lorent Wanson le 9 avril 2019.

CLÔTURE CARDIAQUE (Lehman Trilogy, de Stefano Massini)

Lehman Trilogy est une coproduction du Rideau de Bruxelles, du Théâtre Épique et du Théâtre du Sygne. Le morceau final est co-composé par Alain Franco et Fabian Fiorini, interprété ici par Fabian Fiorini. Création en mai 2016.

TIFFS DANS L'AIR (Un peu d'(H)air, d'après la comédie musicale Hair)

Un peu d'(H)air est un projet d'école d'Arts² à Mons (classes de Frédéric Dussenne, Bernard Cogniaux, Jean-Luc Fafchamps et Denis Pousseur). Le chant a été arrangé par Simon Vanneste et est interprété par Maya De Waele et Olivier Tilman. Mars 2016.

YOUKALI (C'est presqu'au bout du monde / Une Aube boraine)

C'est presqu'au bout du monde est une étape du projet Une Aube boraine (mai 2013 – nov. 2015). Coproduction Mons 2015, le Théâtre Épique et de nombreuses associations. Ici, le chant Youkali de Kurt Weill, arrangé par Fabian Fiorini, est interprété par l'Ensemble instrumental de Colfontaine. Juillet 2014.

LE CHANT DU MIXAGE (La meilleure volonté du monde, de Lorent Wanson)

La meilleure volonté du monde est une production du Théâtre Le Public, avec le soutien du Théâtre Épique. Le chant a été écrit et composé par Lorent Wanson et arrangé par David Nuñez, enregistré à Santiago du Chili avec un quintette à cordes. Mai 2009.

N'Y A-T-IL RIEN À FAIRE ? (En attendant Godot, de Samuel Beckett)

En attendant Godot est une coproduction du Manège de Mons et du Théâtre National de la FWB. Musique composée et interprétée par Jean-Paul Dessy ; chant : Alina Cordova. Janvier 2001.

LES PROCÈS-VERBAUX (Les Ambassadeurs de l'ombre, de Lorent Wanson)

Les Ambassadeurs de l'ombre est une coproduction du Théâtre National de la FWB et la Maison des Savoirs de Molenbeek. Le chant est interprété au départ par Lorent Wanson puis par l'ensemble de la troupe. Septembre 2000.

LE CHANT DES ASSISTÉS (C.Q.F.D. chante la sécurité sociale)

C.Q.F.D. était une commande du Ministère de la Sécurité sociale. Le spectacle a été interprété par Patrick Bebi, Isabel Cué, Mireille Fafra, Martine Léonet, Catherine Mestoussis, Henri Mortier et Lorent Wanson. Les chants ont été écrits par Lorent Wanson et Henri Mortier. Mai 1995.

FANFARE (Musik, de Frank Wedekind)

Musik est une coproduction du Théâtre de l'Ancre, du Centre culturel de Huy et du Théâtre Épique. Spectacle repris au Théâtre National. Janvier 1994. Musique composée par Jean-Paul Dessy. Un spectacle interprété par Dorothée Morel, Sonia Pastecchia, Alain Sionneau, Delphine Bibet, François Joinville, Pierre Etienne et Suzanne Wauters.

Lorent Wanson

Entre l'oracle et le lapsus, il existe une frontière brumeuse. À l'heure des bilans, elle dresse des constats, des instantanés qui, comme le Petit Poucet de pierre en pierre, ou Don Quichotte de moulin en moulin, vous ont amené là où vous êtes.

Vous pensez donc avoir été inconséquent. Œdipe ne cesse de tenter d'échapper à la malédiction qui lui est destinée. Pourtant, les accidents de la vie le mènent droit à une conclusion qui semblait cousue d'avance.

Depuis des années, mes maîtres, mes amis, ou ces quidams de toutes conditions, dans les cafés populaires, étonnés et parfois, on le serait à moins, sceptiques, entendent des anecdotes que j'adore raconter, et m'incitent à narrer ce parcours, cette vie. Je n'appelle pas cela une vie, mais une aventure. Comment faire mémoire sans faire testament ? Comment me laisser, au moins dans l'imaginaire, une suite ?

Vrai dilemme. Jouer au chat et à la souris avec ce que je jure avoir écrit, puis vécu littéralement par la suite, paraîtrait à la fois absurde, prétentieux et surréaliste. Quid ?

Au fond, ai-je vécu, ou bien m'est-il arrivé plein de choses qui, malgré tout, ne font pas une vie ?

On m'incite à théoriser mes pratiques, mais je ne les comprends pas moi-même. Dois-je tirer un fil conducteur, telle Ariane dans le labyrinthe conçu par Dédale, le père d'Icare, labyrinthe où, comme mon ombre, je ne cesse de m'envoler et de chuter, de plus en plus lourdement, comme une scansion musicale que je me refuse à voir comme un brouillon de requiem. Car, finalement, qu'ai-je à transmettre sinon des anecdotes qui virent vite aux blagues de fin de soirée ?

C'est en réécoutant ces 25 heures de musique, dont nous ne vous livrerons qu'un petit bout, que buissonnent mes 35 ans de travail en soixante projets, professionnels, scolaires, ou avortés. Et j'ai saisi qu'un lien indéfectible se tissait, inconsciemment, d'une façon qui m'a bouleversé.

Écouter ses souvenirs, c'est comme dévorer des madeleines de Proust à pleines dents, celles que je n'ai plus.

Cette plateforme commence par neuf morceaux, puis en proposera une cinquantaine fin mars, lors du vernissage de l'exposition « 35 ans du Théâtre Épique dans le Borinage », puis bien plus au fil du temps. Elle vous mènera par des musiques enregistrées en studio, ou par des traces imparfaites car captées en live. J'espère qu'elle vous aidera à faire mon chemin. Non, en fait, à le voir : complètement improbable, en déséquilibre constant, fait d'une ambition souvent démesurée et d'un amour immodéré des marges, des arrangeurs, des "linkadoors", comme on dirait en bruxellois, ceux qui passent dans les entre-portes.

Je suis un fils d'humbles artisans. Et finalement, mes projections "sublimes" de verticalité artistique sont ramenées au sens terrien, dans des bas-fonds que, en vérité, j'aime tant.

Pour ceux qui ont vu Da Solo, le personnage incarné par Angelo Bison, en écoutant l'opéra, dit de la musique : elle dit ce que tu ne parviens pas à dire, et tu l'entends, ce rêve qui t'a obsédé toute ta vie.

Je n'aurais pas été un grand philosophe. Mais j'en sais sans doute plus, par expérience ou par défaut, sur les contradictions humaines que la plupart d'entre eux.

Je n'aurais pas été le génie dont ma mère rêvait, mais un illuminé intermittent, avec beaucoup de trous entre les flashs.

Je ne serai jamais un grand théoricien du théâtre, juste un bon accompagnateur, qui ne cherche qu'à comprendre, au sens littéral : com-prendre, prendre avec, les ventres de ceux avec qui il chemine, qu'ils soient étudiants, acteurs professionnels, mythes artistiques, ou simples gens : enfants, victimes, criminels, prostituées, etc.

Je n'aurais pas été un grand homme, mais une bonne grosse éponge apte à accumuler des informations non théoriques, viscérales, et à m'en essorer tout aussi vite par la psalmodie et la choralité.

Du moins, c'est ce que je pensais.

Ce voyage à travers les musiques composées, soit par moi ou par d'autres, soit avec moi, soit m'arrangeant ou arrangeant tout un répertoire musical universel, pléthorique, tant sérieux que pop, avec des fanfares de professionnels se jouant au jeu, ou des harmonies historiques vieilles de 125 ans d'existence comme l'Ensemble instrumental de Colfontaine, en passant par celles, anarchiques, du Congo…

Mais aussi du rap qui ressurgit tant à Kinshasa qu'à Santiago, et même, ce que je n'ai pu capter, à Kaboul.

Nous avons traduit, trahi, transgressé, muté, mixé, hybridé, c'est selon, du Schubert, du Weill, du Chostakovitch. Mais nous avons aussi rendu hommage aux œuvres populaires, de Hair à Bowie, ou Bashung. Toujours en les empruntant pour notre cheminement.

Nous avons aussi en réserve des choses comme ces musiques composées par Ennio Morricone, qu'il avait retrouvées à ma demande pour son projet sur la Divine Comédie, son dernier rêve. J'en avais la charge, et nous n'avons pas pu, en fin de compte, le réaliser. Comme quoi, être "has been"…

Avertissement : si vous suivez l'ensemble du voyage, de spectacle en spectacle, vous constaterez la récurrence de certains morceaux. Certains, en effet, se déportent. L'un composé avec des étudiants à l'INSAS s'est retrouvé traduit en serbo-croate et chanté par la diva Esma Redžepova.

D'autres, composés en Serbie, se sont finalement retrouvés au Théâtre Le Public, dans La Meilleure Volonté du monde.

D'autres encore nous accompagnent toujours, quelque part. Cela va de "When I was laid" de Purcell à "One Hundred Years" de The Cure. Cela va de "Cold Song", du même Purcell, à "Back to Black" d'Amy Winehouse. Cela va de toute l'œuvre de Morricone à cette chanson qui nous pourchasse et que nous pourchassons sans cesse, "Youkali", de Weill et Fernay, que je crois avoir placée dans au moins six spectacles de ma vie, au point d'en faire un spectacle à part entière : C'est presque au bout du monde.

Nous tentons, avec mes amis, de comprendre comment les grands compositeurs sont des pilleurs qui s'ignorent. Brahms a puisé dans le folklore gitan. D'ailleurs, tout le monde a puisé aux Gitans, de tout temps. La liste est longue. La musique, dans sa nature de transmission orale, ne cessait, lors des veillées, de s'improviser et de se transgresser à la source.

La musique n'est pas un aboutissement. C'est un cheminement, alourdi par le poids de l'Histoire, mais allégé par l'instantané de son interprétation.

Quand un grand soliste joue les notes de Vivaldi, fatalement, il les emporte ailleurs : là où il tente de nous emmener. Nous oublions Vivaldi. Nous sommes avec celui qui traverse Vivaldi.

Chaque interprétation, de quelque œuvre que ce soit, en musique comme au théâtre, ne vit que de l'éphémère ingérable. Elle est transgression, trahison, et en même temps hommage.

Quel plus beau testament d'une œuvre artistique que d'être accaparée par de nouvelles générations, plutôt que d'être légalement en état de cryogénisation, même gelée ? Walt Disney accepte d'être réinventé, voire trahi, pire, enlaidi… et quoi ?

Oui, mettre en scène ou composer sur des textes de Hanoch Levin, Bertolt Brecht ou Régis Debray est fatalement une interprétation. Contre ça, en wallon, on dirait : on ne sait pas aller.

S'emparer, en hommage, en choc, en harmonie ou disharmonie, de traces tribales yagan (Patagonie) avec Weill, en passant par tout ce qu'il pourrait y avoir entre, y compris ce qui n'a jamais été écrit : les cris, les révoltes, les témoignages de l'horreur ou de l'amour… comment trier d'où cela vient, et qui est légitime, qui a le droit de le faire ou non ?

Serions-nous, en fin de compte, des compositeurs d'une mélodie entendue de loin, chantée dans la rue, et que nous arrangeons pour une fanfare ?

Une chanson révolutionnaire chilienne entonnée par des centaines de milliers de personnes appartient-elle toujours à celui qui l'a composée, ou à ceux qui se la sont appropriée ?

Donc, comme seule introduction, avec l'inévitable mauvaise foi, cette fébrilité fiévreuse, nous tenterons de vous faire voyager entre hommage et parfois pastiche, entre compositions réelles et hybridations improbables, entre musiques sur de grands auteurs (de Shakespeare à Neruda) et chansons de ma propre plume, au piano à bretelle.

Au fond, c'est une promenade musicale qui, tout en espérant vivre par elle-même, n'est que le témoignage d'un parcours théâtral qui, je l'espère, n'est pas fini.

C'est ce voyage fait de chants, de captations brutes et de réenregistrements de choses anciennes, que nous, compositeurs et arrangeurs, avons voulu raconter.

Cette plateforme est une œuvre collective, portée par plus de 2600 personnes et dirigée par des complices et amis, de Jean-Paul Dessy à Fabian Fiorini, Alain Franco, François Deppe, en passant par David Nunez, Marcelo Maira, Jean-Pierre Renaud, Eric Wattiez, Philippe Tasquin et les jeunes Simon Vanneste, Sarah Triquet (désolé pour les innombrables que je ne cite pas).

Mais chacune des voix, instrumentale ou vocale, que vous entendrez n'est pas qu'une ligne écrite sur du papier. C'est une expression polyphonique, volontairement dissonante, comme l'est le monde. Car c'est dans ce grincement que bruisse une possible harmonie : une harmonie faite de toutes ses tensions, une harmonie idéale qui refuserait l'unisson pour une improbable choralité du réel.

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